En deux phrases : c’est quoi ?
Entre professionnels assujettis à la TVA, la facture ne passera plus seulement par un PDF envoyé par e-mail : elle circulera sur un réseau sécurisé, via une plateforme agréée par l’État.
Pour vos clients particuliers, vous continuerez en général à remettre une facture lisible (PDF ou papier). En revanche, l’administration fiscale recevra aussi des données agrégées — c’est l’e-reporting.
Qui est vraiment concerné ?
La réforme vise les entreprises assujetties à la TVA établies en France. Cela inclut la plupart des artisans, y compris en franchise en base (article 293 B du CGI) lorsqu’ils facturent d’autres professionnels.
La DGFiP rappelle par exemple qu’un artisan-plombier en franchise de base doit, au plus tard le 1ᵉʳ septembre 2027, pouvoir émettre des factures électroniques pour ses ventes ou prestations à des clients professionnels disposant d’un SIREN en France — même si la facture porte la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI ».
B2B, B2C : deux cas différents
Le changement majeur concerne les échanges entre assujettis : votre client est un professionnel (entreprise, syndic, architecte, autre artisan avec SIREN/SIRET).
- B2B (client professionnel) : à partir de votre date d’échéance, la facture doit transiter par une plateforme agréée — un simple PDF par e-mail ne suffit plus.
- B2C (client particulier) : vous remettez toujours une facture au client (PDF, e-mail, impression). L’obligation supplémentaire porte sur la transmission de données agrégées à l’administration (e-reporting), sans nom du client dans ces flux.
Comment ça marche, concrètement ?
Vous ne dialoguez pas directement avec l’administration ni avec le logiciel de votre client. Le modèle retenu en France passe par des plateformes agréées (PA), immatriculées par la DGFiP.
- Vous émettez la facture dans votre logiciel de gestion (devis, lignes, TVA, SIRET client…).
- Votre logiciel transmet la facture à une plateforme agréée.
- La plateforme utilise l’annuaire officiel pour adresser la facture à la plateforme de votre client.
- Votre client la reçoit dans son outil ; les statuts (reçue, acceptée, rejetée) sont tracés.
- Les données nécessaires à la lutte contre la fraude à la TVA sont transmises à l’administration (e-reporting / e-invoicing selon les cas).
Ce qui change pour un artisan au quotidien
Dès le 1ᵉʳ septembre 2026, vous devez pouvoir recevoir les factures électroniques de vos fournisseurs (matériaux, location, télécom, électricité…), même si vous n’êtes pas encore obligé d’en émettre.
- Septembre 2026 : mettre en place la réception (plateforme agréée + annuaire).
- Septembre 2027 (PME / micro) : émettre vos factures B2B au format réglementaire, pas seulement en PDF.
- Clients particuliers : continuer à remettre une facture claire ; prévoir l’e-reporting quand votre échéance arrive.
- Données clients pro : SIREN/SIRET et adresse de facturation corrects — l’annuaire s’appuie sur ces identifiants.
Plateforme agréée, annuaire : les mots à retenir
Plateforme agréée (PA) : prestataire habilité par l’État pour émettre, recevoir, contrôler et transmettre les factures et données. Vous en choisissez une (directement ou via votre logiciel).
Annuaire : annuaire central des adresses de facturation électronique (SIREN/SIRET). Votre entreprise doit y être référencée pour recevoir et émettre.
E-facture : facture structurée (souvent au format Factur-X) transmise sur le réseau officiel entre professionnels.
E-reporting : transmission de données de facturation (notamment ventes aux particuliers) sous forme agrégée, en complément de la facture remise au client.
Nouvelles mentions sur les factures
À compter de votre date d’échéance d’émission, de nouvelles mentions deviennent obligatoires sur les factures électroniques, notamment :
- le numéro SIREN du client professionnel ;
- l’adresse de livraison des biens lorsqu’elle diffère de l’adresse de facturation ;
- la catégorie d’opération (livraisons de biens, prestations de services, ou les deux).
Et si les dates bougent encore ?
Le calendrier ci-dessus est celui fixé par l’article 91 de la loi de finances pour 2024. La loi prévoit toutefois la possibilité d’un report supplémentaire de trois mois au plus par décret (soit au 1ᵉʳ décembre 2026 ou 1ᵉʳ décembre 2027 selon la taille).
En pratique, préparez-vous dès maintenant à la réception en 2026 : c’est l’échéance la plus proche et elle concerne tout le monde.